Les grands dossiers
Le CNESER rejette le Pacte pour la recherche (communiqué de presse de l'UNEF du 09/11/2005)
Le 9 novembre, le projet de loi intitulé « Pacte pour la recherche a été présenté par le Ministre François Goulard et le directeur de l'Enseignement supérieur, Jean-Marc Monteil au Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la recherche.
L'UNEF, ainsi que l'écrasante majorité des organisations présentes ont dénoncé un projet de loi aux antipodes des attentes exprimées lors des Etats Généraux de Grenoble et des besoins de la société. Le projet présenté - à l'image du Milliard supplémentaire alloué à la recherche dans le projet de loi de finances de 2006 dont les 2/3 vont au financement sur projet et aux exonérations d'impôts - est davantage au service des intérêts privés qu'à celui de l'ensemble de la société, et privilégie la recherche appliquée à la recherche fondamentale. Le détournement de la proposition de PRES, la création des campus de recherche de statut privé, entérinent une logique de pôles d'excellences concurrentiels, à rebours de la nécessité de démocratisation et d'irrigation de l'ensemble du territoire par l'enseignement supérieur et la recherche, donnant la part belle au privé. Cet empilement de structures se fait au détriment de la lisibilité internationale, et fait du système de recherche un système compris uniquement par ses acteurs, alors que la recherche doit être au service de la société entière.
Ce projet de loi consacre une vision de la recherche à courte vue, à finalité économique immédiate, et dont l'objectif unique est d'être toujours plus concurrentiel, au détriment des finalités sociales et sociétales de la recherche.
Alors qu'ils sont plus de 70 000, les mesures pour les doctorants sont anecdotiques. Malgré la reprise de la revendication de l'UNEF de prise en compte du doctorat dans les conventions collectives, les mesures sont mêmes amputées par rapport au précédent projet de loi de LOPRI : 2000 allocations de recherche disparaissent, et leur montant n'est plus indexé sur l'inflation. L'objectif de financement de l'ensemble des thèses n'est toujours pas affiché, et aucune mesure n'est prise pour protéger les doctorants, garantir la propriété intellectuelle de leurs travaux, limiter le nombre de doctorants par encadrant et donner une valeur normative à la charte des thèses. Les mesures visant à améliorer l'insertion professionnelle tombent également à plat : au lieu de programmer pluriannuellement l'emploi scientifique, le ministère créé de nouveaux emplois précaires, le statut de chercheur associé, et multiplie les emplois temporaires : CDD, post-docs...
Ce projet de loi a donc été rejeté par 21 voix par le CNESER
L'UNEF appelle fermement le ministère à tenir compte de l'avis des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche et des citoyens. Miser sur un pourrissement de la situation en enterrant les dossiers un par un - aucune concertation ouverte avec le ministère (frais d'inscription, accompagnement social des étudiants, démocratie étudiante,...) n'a débouché depuis 3 ans - c'est jouer avec le feu, et la flambée de violence des banlieues illustre des dangers de cette politique. L'UNEF demande donc à ce que des négociations soient ouvertes en urgence, de façon à ce que le contenu du projet de loi soit profondément revu.

