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Appel pour la réussite de tous

Suite à la mobilisation étudiante, l'UNEF a lancé un appel pour la réussite de tous. Cet appel a été signé par de nombreuses organisations et présidents d'universités

Vous pouvez signer l'appel en envoyant un mail avec vos coordonnées (Nom, Prénom, Adresse, Téléphone, Fonction  et Université) à : appelpourlareussitedetous@unef.fr

Appel pour la réussite de tous à l’université



L’université est en crise

Mouvement des chercheurs en 2004, mouvement contre le CPE en 2006, mobilisation contre la LRU en novembre 2007 : en 3 ans, l’université française a connu 3 crises majeures qui démontrent que, loin d’être un feu de paille, les causes du malaise sont profondes. Les premières réponses apportées par le gouvernement à la mobilisation contre la LRU doivent être suivies de concertations pour construire des mesures d’ampleur répondant au fond des inquiétudes exprimées par la communauté universitaire.

L’université française est un outil puissant : en 30 ans elle a multiplié par dix ses effectifs permettant une réelle massification de l’enseignement supérieur. Véritable vecteur de transformation sociale elle a réussi l’exploit de concilier une recherche de haut niveau et un service public d’enseignement supérieur non sélectif. Pourtant si l’outil est bon, l’absence de vision politique de long terme et la pénurie budgétaire ont conduit à une dégradation des conditions d’étude et de recherche qui rendent le statut quo à l’université ni possible ni souhaitable. A force d’opposer concurrence élitiste et accueil du plus grand nombre, l’université française ne parvient plus ni à démocratiser l’accès au savoir, ni à faire reconnaître au niveau international la qualité de sa production scientifique.

En effet l’enseignement supérieur français marche sur la tête. Les élites richement dotées – par l’argent ou le capital culturel de leurs parents – se reproduisent au sein des grandes écoles à l’écart de l’université et du monde de la recherche. L’université, qui accueillait moins de 5 % d’une classe d’âge dans les années 1960, accueille aujourd’hui la moitié d’une génération. Pourtant, son organisation n’a pas suffisamment suivi l'évolution de son public.

Conséquence de cette inadaptation, l’université d’aujourd’hui n’est plus celle de la réussite et de l’ascension sociale. 40% des inscrits en premier cycle échouent et la masse des étudiants combinent leurs études avec la précarité des petits jobs ou de la dépendance familiale. Les inégalités s’y reproduisent et s’y accentuent. Dans leur course en avant de la mise en concurrence, les établissements mènent des politiques malthusiennes, réservant l’essentiel de leurs moyens à quelques formations  élitistes et délaissant les formations de premiers cycles, en particulier dans les secteurs jugés les moins porteurs (lettres et sciences humaines, staps…)

Or la France ne souffre pas d’avoir trop d’étudiants. Elle n’en a pas assez et se trouve en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. Elle souffre d’une architecture globale entièrement à revoir entre ses différents pôles (Université, IUT, Grandes écoles, etc.). Elle se souffre pas de l’absence de sélection : mais d’une sélection insidieuse dans des premiers cycles totalement sous-dotés où les étudiants plus souvent issus des classes populaires qu’avant sont laissés à eux-mêmes.

Loin d’être une solution à ces problèmes, la LRU menace de les aggraver. Une politique nationale ambitieuse n’est pas mise en place.

Pour une révolution universitaire au service de toute la société

    L’allongement de la durée de la vie, le progrès scientifique et technique, l’évolution des savoirs et des connaissances pose à la société française un double défi : organiser la formation supérieure de toute une génération. Faire bénéficier l’ensemble de la société des savoirs réservés jusqu’ici à quelques-uns. Ce défi est de taille et constitue un choix de société majeur. Il n’est pas moins révolutionnaire que la mise en place de l’instruction primaire obligatoire pour tous à la fin du XIXe siècle ou la massification de l’enseignement secondaire depuis les années soixante.

Pour relever le défi de la démocratisation il faut donc opérer une révolution dans l’enseignement supérieur : il s’agit de faire l’université au service des besoins de la société en matière de qualification, de savoir, de recherche et d’innovation et au service des étudiants. Les pouvoirs publics doivent affirmer et porter un projet positif pour l’enseignement supérieur, autour de  ces deux axes: donner un nouveau souffle à la démocratisation et à la massification de l’enseignement supérieur et renforcer la recherche publique. L’objectif d’amener 50% d’une classe d’âge à la licence doit devenir une réalité grâce à un investissement financier conséquent et à des réformes structurelles.

Les réponses doivent s’articuler autour de quatre priorités.

Il convient d’abord de créer un véritable statut social de l’étudiant à même de mettre en sécurité sociale le nouvel âge de la vie que constitue le temps de la formation. Dans cette perspective un plan pluriannuel doit permettre d’augmenter de façon significative le nombre et le montant des aides afin de faire reculer la précarité et le salariat étudiants, incompatibles avec les études. L’effort de construction et de réhabilitation de logements étudiants doit être poursuivi et amplifié,  et des solutions trouvées pour faciliter l’accès au parc de logement privé.

Il est ensuite nécessaire de donner très clairement la priorité aux premiers cycles. L’engagement de 1 milliard supplémentaire par an sur 5 ans promis à la communauté universitaire en réponse à la mobilisation étudiante doit se traduire par un plan de rattrapage permettant aux premiers cycles universitaires d’arriver au niveau de financement des classes prépas : cela suppose que ce plan possède un volet emploi important, ce qui n’est pas le cas actuellement. Ce financement conséquent permettra une révolution pédagogique, une augmentation des volumes horaires de cours, la généralisation des cours en petits groupes, la mise en place de premières années pluridisciplinaires, la formation des enseignants à la pédagogie…Le cadrage national des diplômes doit être réinstauré afin de garantir l’égalité et la mobilité étudiante sur le territoire. Ainsi seulement on donnera à chacun les moyens de la réussite et le choix entre sortie qualifiante ou poursuite d’étude.

Les universités doivent être mises au centre de l’enseignement supérieur, comme seul modèle permettant d’articuler la formation et la recherche. Dans cette perspective, l’investissement massif dans les universités est un levier pour permettre de faire converger progressivement l’ensemble des formations supérieures. Cette priorité accordée aux universités et aux étudiants passe nécessairement par un plan de recrutement massif d’enseignants chercheurs et de personnels IATOSS, afin de pallier au sous encadrement chronique dont souffrent les universités et d’augmenter le potentiel de recherche. Il est donc nécessaire de sortir du dogme libéral de la baisse de l’emploi public : les engagements financiers conséquents consentis par le gouvernement en direction des universités doivent se traduire par un plan de recrutement pluriannuel de personnels.

Enfin, l’université doit être celle de tous les métiers et mieux préparer à l’insertion professionnelle. Pour cela les formations acquises à l’université doivent être reconnues collectivement sur le marché du travail et une véritable aide à la recherche du premier emploi doit permettre aux jeunes de chercher un emploi dont la rémunération et le niveau sont en lien avec leur formation.  

Les jeunes ne peuvent plus attendre, il est temps d’ouvrir un nouveau cycle pour mettre les outils du savoir et de la connaissance au service des étudiants et de l’ensemble de la société.


Premiers signataires :
Jean-Baptiste Prevost, Président de l’UNEF, Inès Minin, présidente de la JOC, Damien Berthilier, Président de la LMDE, Floréale Mangin, Présidente de l’UNL, Tristan Rouquier, Président de la FIDL, Kais DOGHRI, Président de l’UGET, Mourad BENTAJ, président de l’UNEM, Said Mohdeb, président de l’UEAF, Colcrea: Association des étudiants et créateurs colombiens, UEVF, Union des Etudiants Vietnamiens de France, AEOM, Association des Etudiants d'Origine Malagache, Arc en ciel: association des étudiants comoriens de France, AEAM: alliance des étudiants amazigh de france,  Alain Olive, Secrétaire Général de l’ UNSA, Gerard Aschieri, Secrétaire Général de la FSU, Thierry CADART, Secrétaire Général du Sgen-CFDT, Jean-François BOLZINGER, Secrétaire Général de l’UGICT-CGT, Faride Hamana, président de la FCPE, Jean-Pierre Dubois, Président de la LDH, Jean Fabbri, Secrétaire Général du SNESUP, Jacques DROUET, Secrétaire Général du SNPTES-UNSA, Yves Markowicz, Secrétaire Général de Sup'Recherche-UNSA, Jean-Yves Rocca secrétaire Général d’A et I UNSA, Luc Bérille, secrétaire Général du SE-UNSA, Dominique GUY, Secrétaire générale du CRAP-Cahiers pédagogiques, Génération Précaire, Sylvie FAUCHEUX, Présidente de l’Université de Versailles Saint Quentin, Jean-Charles POMEROL, président de l’université de Paris 6, Jean-Marie MIOSSEC, Président de l’université Montpellier 3, Khaled BOUABDALLAH, Président de l’université de Saint Etienne, Yves Lecointe, Président de l’université de Nantes, Jean-François Sautereau, Président de l’université de Toulouse 3, Daniel Filatre, Président de l’université de Toulouse 2, Richard Messina, Président d’Evry, Marc Gontard, Président de l’université de Rennes 2, Pascal Binczak, président de l’université de Paris 8, Claude Journes, Président de l’université de Lyon 2, Christophe Ramaux, maître de conférences à Paris 1, Cyrille Maréchal, vice-président étudiant de l’université de Brest, Benoît Soulier, vice-président étudiant de l’université de VSQ, Elodie LIEWIG, vice-présidente étudiante de l’université Toulouse 3, Baptiste TRALLERO, vice-président étudiant de l’université Lyon 2, Juliette GARNIER, vice-présidente étudiante de l’université Lyon 2, Julien PFEIFFEROVA, vice-président étudiant de l’université d’Evry, Romain JAMMES, vice-président étudiant de l’université d’Evry, Raphaël VALETTE, vice-président étudiant de l’université de Marne La Vallée, Benoît ROGEON, vice-président étudiant de l’université Paris 1, David DOBBELS, vice-président étudiant de l’université Paris 1, Malvina PELAY, vice-présidente étudiante de l’université Paris 8, Carole CHOTIL-ROSA, vice-présidente étudiante de l’université Paris 13, Maëlle  JOUANNET, vice-présidente étudiante de l’université Rennes 2, Romain L’HUILLIER, vice-président étudiante de l’université Lyon 3, Mamadou Selly LY, vice-président étudiant de l’université d’Orléans

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