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Livre Vert sur la jeunesse: beaucoup de bruit pour pas grand-chose L'UNEF déplore le manque d'ambition (07:07:09)
L’UNEF prend acte du contenu du Livre Vert sur la jeunesse élaboré par la commission Hirsch.
A l’issue des six mois de travail de la commission, l’UNEF regrette que le moins disant l’ait emporté sur l’ambition pourtant attendue. Au-delà d’un certain nombre de dispositifs intéressants, le Livre Vert constitue un catalogue de propositions de natures différentes, sans cohérence, et envisagées à moyens constants, insuffisamment ambitieux pour répondre à l’enjeu majeur d’une nouvelle politique de jeunesse: donner aux jeunes les moyens d’être autonomes pour réussir leur formation initiale et leur insertion sociale et professionnelle. Au moment où la part d’une génération dans l’enseignement supérieur a baissé en raison de la précarité et où le chômage des jeunes augmente deux à trois fois plus vite que celui du reste de la population active, l’urgence est de répondre aux besoins de formation et de protection sociale de la jeunesse. L’UNEF regrette une certaine frilosité qui témoigne du manque de confiance dans la jeunesse dont la société peine à sortir :aider les familles et les employeurs, ce n’est pas systématiquement aider les jeunes! L’objectif de renforcement de l’autonomie des jeunes n’aura malheureusement été qu’un alibi : le refus de redéployer les aides fiscales aux familles (notamment la demi-part fiscale) en direction des jeunes est un exemple du souhait de maintenir la dépendance familiale après 18 ans, alors qu’elle est source d’inégalités. Non à la dotation, oui à l’allocation d’autonomie ! La dotation envisagée serait largement insuffisante dans son montant (de 1000 € à 5000 €): ce n’est pas avec l’équivalent de 3 à 10 mois de RSA qu’un jeune peut être autonome pendant plusieurs années de formations et d’insertion! Surtout, il est envisagé de compléter ce dispositif sous forme de prêts : la jeunesse ne veut pas un droit à l’endettement, mais un droit à la formation reconnu et protégé socialement ! L'attribution d'un capital de départ masque en réalité l'insuffisance des mesures envisagées et la faiblesse de l’investissement de la société dans sa jeunesse qui est envisagée. Cette dotation laisserait jouer à plein les inégalités de réseau et de capital culturel. Les jeunes ne sont pas des « start-up », des entrepreneurs d’eux-mêmes à qui la société peut donner un capital de départ sans se soucier ensuite des conditions de leur réussite. Les jeunes ont besoin d'un statut social et de protection pour mener à bien leur projet de formation et d’insertion professionnelle. L’UNEF refuse la perspective d’une dotation et réaffirme sa détermination à défendre la mise en place d’une allocation d’autonomie, universelle, dont le montant serait calculé en fonction de la situation de chaque jeune (et non des parents) et d’un montant suffisant pour donner à tous les moyens d’étudier et de faire leur choix d’orientation et d’insertion. Des propositions insuffisantes La recherche du consensus et le refus d’aborder certaines questions aboutissent à des propositions largement insuffisantes dans certains domaines : - En matière de chômage des jeunes, mieux organiser la file d'attente des jeunes au chômage ne peut être l’objectif d’une politique ambitieuse. Le Livre Vert propose de bricoler l’existant et reste évasif sur les véritables difficultés : la pénurie d’emplois qualifiés, les destructions d’emplois dans la fonction publique, les dérogations au droit du travail concernant les jeunes, le développement de l’emploi précaire et l'accès au CDI. L’alternance est un dispositif de formation, qui peut être intéressant s’il est amélioré (rémunération, garantie d’embauche, encadrement des emplois déguisés sous cette forme, reconnaissance effective et réelle sur le marché du travail) mais l’alternance n’est pas une solution d’embauche. - En matière de logement, l’UNEF regrette qu’aucune proposition n’incite à un nouveau plan de construction de logements sociaux étudiants, alors que la pénurie est criante, ainsi que du silence sur la revalorisation indispensable des aides au logement, qui n’ont pas évolué depuis 1995 alors que les loyers ont explosé. Des mesures d’urgences s’imposent ! L’UNEF se félicite d’un certain nombre de proposition du Livre Vert, car elles représentent une amélioration sensible de la situation pour de nombreux jeunes notamment : - une nouvelle réforme des bourses étudiantes, destinée à augmenter leur nombre et leur montant et à créer un 10èmemois de bourse pour couvrir l’allongement du calendrier universitaire - la mise en place d’une aide financière pour couvrir la période de recherche du 1er emploi pour les jeunes diplômés ou non, afin de pallier à l’exclusion des jeunes des minimas sociaux avant 25 ans ou de l’indemnisation chômage et de lutter contre la déqualification L’UNEF attend des décisions rapides sur ces sujets.La mise en œuvre dès la rentrée prochaine de ces dispositions permettra d’apprécier la volonté réelle du gouvernement d’agir en direction des jeunes. L’UNEF s’inquiète de l’absence d’engagements budgétaires ou de pistes de financements qui laissent planer un doute sérieux sur la volonté et la possibilité de mise en œuvre des principales propositions. La volonté « d’expérimenter » certains dispositifs, en attente de décisions, ne saurait être une excuse pour ne pas agir vite. L'investissement dans la formation des jeunes et l'accès à l'emploi doit être au cœur d'une relance par l'investissement. Formuler des propositions n’est pas une fin en soi. Martin Hirsch sera désormais jugé sur la nature des décisions du gouvernement en direction de la jeunesse. Les jeunes n’attendent pas du gouvernement que des idées, mais de l’action et des engagements budgétaires pour les concrétiser. L’UNEF demande au gouvernement un plan pluriannuel de montée en charge de la politique de la jeunesse, associant les acteurs concernés, qui permettre de dégager les financements nécessaires, notamment sur la question des ressources, pour passer des paroles aux actes.
L’UNEF regrette que sur la question centrale de l’autonomie financière, le Livre Vert propose la perspective lointaine et incertaine de mise en place d’une dotation ou d’une allocation et en faisant l’impasse à ce stade sur le choix du dispositif. S’il est positif que l’allocation soit retenue comme une perspective, l’UNEF dénonce le projet de dotation proposé par Martin Hirsch.
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