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Le gouvernement prive les jeunes du droit à une retraite solidaire

  L’UNEF exige le retrait de cette réforme brutale et injuste

et appelle les jeunes à manifester le 24 juin

 

 

L’avant projet de réforme des retraites que vient de rendre public le gouvernement confirme les inquiétudes exprimées par les jeunes et les salariés le 27 mai. Dictée par les marchés financiers, et reprenant à son compte la plupart des exigences du MEDEF,cette réforme, qui repousse l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans, représente un recul majeur du droit à la retraite pour les salariés.

 

L’affichage d’une contribution symbolique des hauts revenus et des revenus du capital (pour un impact estimé à 4,4 milliards d’euros en 2020) ne parvient pas à faire oublier l’essentiel : le gouvernement fait reposer plus des deux tiers des sources de financements supplémentaires (20,2 milliards d’euros) sur des « mesures d’âge » (allongement de la durée de cotisation, report de l’âge légal…). Pour les plus « chanceux », cette réforme aura pour conséquence de travailler plus longtemps. Pour tous les autres, elle se traduira par une baisse des pensions. Le gouvernement entend ainsi financer massivement sa réforme par la baisse inacceptable des retraites et du niveau des pensions.

 

Les fonctionnaires vont également payer le prix fort. Alors que le gouvernement n’envisage aucune contribution supplémentaire de l’Etat pour les retraites de la fonction publique, l’augmentation des cotisations des fonctionnaires (de 7,85 % à 10,55 %) va se traduire par une baisse de salaire de 720 € annuels (60€ par mois) au bout de 10 ans !

 

 

Les jeunes refusent l’instauration d’un système de retraites au rabais en leur nom !

 

En prétendant « sauver » les retraites par répartition pour les générations futures, cette réforme aura pour conséquence d’euthanasier la solidarité en baissant les pensions et en organisant un système solidaire a minima.

 

Les jeunes seront parmi les plus touchés par la réforme à venir. Avec cette réforme, quel sera le niveau de retraite futur pour un jeune d’aujourd’hui avec un parcours professionnel « à trous » ? Quel sera le niveau de retraite de nos parents qui vont partir à la retraite dans les prochaines années ? Qui paiera pour leurs retraites : un système de retraite solidaire désormais a minima ou carrément leurs enfants?

 

Alors qu’un récent sondage1 enregistrait une forte montée de l’inquiétude concernant l’avenir des retraites des 18-24 ans (+10 points par rapport à avril à 44%) et des 25-34 ans (+5 à 55%), le message envoyé aux jeunes avec cette réforme est clair : la retraite par répartition, ce n’est pas pour vous !

 

Cette réforme constitue une véritable double peine pour les jeunes : elle va les maintenir plus longtemps au chômage en début de carrière, et plus longtemps au travail pour toucher une retraite à taux plein. Elle les enferme dans l’incertitude et la peur du lendemain : déjà que les jeunes ne savent pas quand ils vont obtenir leur premier emploi stable, mais désormais ils ne savent pas non plus quand ils pourront s’arrêter de travailler pour toucher une retraite décente. Une politique qui permet aux 29% de jeunes actuellement au chômage d’accéder à l’emploi serait à l’inverse une réponse qui permettrait d’augmenter le nombre de cotisants et d’assurer le financement des retraites !

 

En refusant de mobiliser de nouvelles recettes de manière significative, le gouvernement se fixe pour objectif de pousser les jeunes à se replier sur la capitalisation pour assurer leurs vieux jours. Epargner individuellement dans des fonds de pensions, qui peuvent être ruinés du jour au lendemain comme la crise l’a démontré, est précisément la solution qu’ils rejettent ! Les jeunes n’ont pas la possibilité financière d’épargner, surtout au vu de leurs conditions d’insertion professionnelle difficiles.

 

La jeunesse, qui subit collectivement les effets de la crise économique et la remontée du chômage, refuse que ses droits servent de variable d’ajustement, et que son avenir soit confisqué par des opérations comptables, comme elle l’a démontré en 2006 lors de la mobilisation contre le CPE. Elle attend au contraire que l’allongement de la durée de vie, comme l’allongement des périodes d’études, ne soient pas synonymes de régression sociale.

 

 

 

En offrant aux jeunes la possibilité de valider gratuitement 6 trimestres lors des périodes de chômage non indemnisé en début de carrière (contre 4 auparavant), le gouvernement reconnaît les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes. Mais cette mesure est largement insuffisante : elle ne concernera que 6000 bénéficiaires potentiels, alors que plus de 300 000 jeunes de moins de 30 ans sont actuellement au chômage sans aucune indemnisation ! Rien n’est prévu concernant la validation des périodes d’études.

 

L’UNEF demande que toute évolution du système de retraite intègre :

- la validation des années d’études dans le calcul des annuités ouvrant droit à retraite, car étudier ne doit pas être pénalisant

- la prise en compte de l’ensemble des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des retraites, et notamment des périodes de stages, d’insertion, d’emplois précaires et de chômage non-indemnisé qui conduisent les jeunes à accumuler des droits à retraite très incomplets.

 

 

L’UNEF exige le retrait de cette réforme. Elle appelle les jeunes à se mobiliser contre un projet de réforme des retraites qui les pénalise durement.

 

L’UNEF poursuit sa campagne d’information et de mobilisation des jeunes et appelle à signer massivement l’appel unitaire de 21 organisations de jeunesses « la retraite, une affaire de jeunes » (retraites-jeunes.net).

 

L’UNEF appelle les jeunes et les étudiants à manifester le 24 juin prochain aux côtés des salariés pour faire reculer le gouvernement.

 

 

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1. Baromètre TNS Sofres pour « La Croix » et Covéa Finance, 15, juin 2010

 

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