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Ce que veulent les étudiants - Entretien avec Valérie Pécresse
La mobilisation étudiante ne cesse de s'amplifier de jour en jour malgré les tentatives de déstabilisation et de répression. Alors que l'UNEF s'apprête à rencontrer la Ministre de l'Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, le syndicat étudiant avance ses revendications. (15.11.07)
La contestation monte
Depuis plusieurs jours, la contestation monte dans les universités. La semaine dernière, des assemblées générales de plus de 100 étudiants ont eu lieu dans plus de 47 universités, dont 20 ont accueilli plus de 500 étudiants. Force est de constater que la mobilisation a aujourd’hui franchi un cap et que la grogne perceptible depuis la rentrée dans les universités ne peut plus aujourd’hui être ignorée du gouvernement.
La loi sur l’autonomie des universités cristallise des inquiétudes plus générales. Votée en catimini, en plein mois de juillet, cette loi est dangereuse car elle fragilise le service public. Au-delà, en se réunissant en assemblée générale, les étudiants dénoncent leurs mauvaises conditions d’études. Depuis la mobilisation contre le CPE, rien n’a été fait pour les étudiants : notre pouvoir d’achat s’est encore dégradé, notre situation sociale est toujours plus difficile et rien n’est fait pour nous permettre de réussir et de nous insérer professionnellement. Le gouvernement multiplie les signes négatifs en direction de notre génération : alors que 15 milliards d’exonérations fiscales ont été consentis aux foyers les plus aisés, aucune mesure n’a été prise pour les étudiants. Avec les franchises médicales les étudiants savent qu'ils seront moins bien soignés que les générations précédentes. Avec la réforme des régimes retraites ils savent qu'ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes.
Malgré les tentatives de déstabilisation et de répression utilisée dans certaines universités, l’UNEF appelle les étudiants à amplifier cette mobilisation dans toutes les universités, à participer aux assemblées générales, à s'informer sur la loi sur l'autonomie des universités, sur les questions sociales et budgétaires, et à décider de leurs propres modalités d'action.
Le gouvernement porte une responsabilité importante dans la situation actuelle, puisque malgré les demandes répétées de l’UNEF, il a refusé depuis la rentrée de prendre en considération les attentes des étudiants, préférant jouer le pourrissement de la situation.
Ce que veulent les étudiants
Alors que l'UNEF s'apprête à rencontrer la Ministre de l'Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, voici les revendications que le syndicat étudiant va défendre :
Les étudiants se mobilisent depuis plusieurs semaines contre les conséquences de la loi LRU. Les dangers contenus dans la loi sont en outre amplifiés par le contexte budgétaire dégradé de cette rentrée 2007, et ce malgré les promesses du gouvernement. Les étudiants tiennent aussi à démontrer leur attachement à un service public d’enseignement supérieur permettant à l’ensemble des étudiants de réussir.
Les inquiétudes des étudiants se focalisent sur trois aspects :
1- La loi menace la démocratie universitaire et les personnels
Ce que refusent les étudiants
Les étudiants refusent que la loi remette en cause la démocratie universitaire : les pouvoirs des présidents d’universités sont accrus sans contre-pouvoir, et les étudiants sont exclus des instances universitaires, la loi faisant baisser à 10% à 20% le nombre d’étudiants dans les CA (contre 20 à 25% jusque là).
Les étudiants refusent que les personnels soient précarisés à travers le développement des emplois contractuels et la mise en concurrence des étudiants et des personnels, les étudiants pouvant être recrutés par les universités, sans aucun élément garantissant qu’ils ne remplaceront pas les personnels
Ce que demandent les étudiants :
Des modifications législatives de la loi LRU pour :
• Une composition démocratique des instances de l’université
• Un recrutement des enseignants chercheurs transparent
• Une limitation du recrutement contractuel des personnels
• L’encadrement de l’emploi étudiant à travers un statut protégé (de type MI-SE) qui garantisse un aménagement horaire pour poursuivre les études et une rémunération à 1,2 SMIC
2- La loi augure d’un désengagement financier et politique de l’Etat de l’enseignement supérieur
Ce que refusent les étudiants :
La loi facilite le recours au financement privé en développant les fondations universitaires. Adossée à un budget en pénurie, dans lequel seuls les crédits en direction de la recherche privée augmentent, cette loi constitue un cocktail explosif qui creusera les inégalités entre les universités attractives récoltant beaucoup de fonds privés, et les autres dont le financement s’assèchera.
Ce que demandent les étudiants :
• Une loi de programmation budgétaire pluriannuelle garantissant 1 milliard d’euros d’augmentation par an du budget des universités attribué par l’Etat
• Un cadrage national des diplômes garantissant des diplômes nationaux et l’égalité des étudiants sur le territoire à travers des intitulés de diplômes et des modalités de contrôle des connaissances nationaux
3 - La loi risque de remettre en cause la démocratisation de l’enseignement supérieur
Ce que refusent les étudiants :
L’UNEF a obtenu que la loi n’instaure ni sélection, ni augmentation des droits d’inscriptions. Cependant, à travers l’orientation active les étudiants craignent une procédure brutale de régulation des flux. Surtout, la loi n’apporte aucune réponse à l’échec massif des étudiants en 1ère année et à la précarité des étudiants, faisant de l’objectif de 50% d’une classe d’âge au bac un slogan plus qu’une réalité.
Ce que demandent les étudiants :
• La suppression de l’obligation de recours au dispositif d’orientation active
• La mise en place d’un plan pluriannuel pour la réussite en licence, permettant d’arriver à 50% d’une classe d’âge au niveau licence avec : un recrutement d’enseignants chercheurs massifs pour amener les 1ers cycles universitaires au taux d’encadrement des classes préparatoires aux grandes écoles, une refonte des cursus…
• L’adoption de mesures d’urgences permettant d’assurer le pouvoir d’achat étudiant pour 2008
• L’adoption d’une loi d’orientation sur l’aide sociale pour sortir les étudiants de la précarité, permettant d’arriver à 50% d’étudiants boursiers (contre 30% auj 1,5 ourd’hui) et d’augmenter le montant des bourses de 10%
Depuis plusieurs jours, la contestation monte dans les universités. La semaine dernière, des assemblées générales de plus de 100 étudiants ont eu lieu dans plus de 47 universités, dont 20 ont accueilli plus de 500 étudiants. Force est de constater que la mobilisation a aujourd’hui franchi un cap et que la grogne perceptible depuis la rentrée dans les universités ne peut plus aujourd’hui être ignorée du gouvernement.
La loi sur l’autonomie des universités cristallise des inquiétudes plus générales. Votée en catimini, en plein mois de juillet, cette loi est dangereuse car elle fragilise le service public. Au-delà, en se réunissant en assemblée générale, les étudiants dénoncent leurs mauvaises conditions d’études. Depuis la mobilisation contre le CPE, rien n’a été fait pour les étudiants : notre pouvoir d’achat s’est encore dégradé, notre situation sociale est toujours plus difficile et rien n’est fait pour nous permettre de réussir et de nous insérer professionnellement. Le gouvernement multiplie les signes négatifs en direction de notre génération : alors que 15 milliards d’exonérations fiscales ont été consentis aux foyers les plus aisés, aucune mesure n’a été prise pour les étudiants. Avec les franchises médicales les étudiants savent qu'ils seront moins bien soignés que les générations précédentes. Avec la réforme des régimes retraites ils savent qu'ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes.
Malgré les tentatives de déstabilisation et de répression utilisée dans certaines universités, l’UNEF appelle les étudiants à amplifier cette mobilisation dans toutes les universités, à participer aux assemblées générales, à s'informer sur la loi sur l'autonomie des universités, sur les questions sociales et budgétaires, et à décider de leurs propres modalités d'action.
Le gouvernement porte une responsabilité importante dans la situation actuelle, puisque malgré les demandes répétées de l’UNEF, il a refusé depuis la rentrée de prendre en considération les attentes des étudiants, préférant jouer le pourrissement de la situation.
Ce que veulent les étudiants
Alors que l'UNEF s'apprête à rencontrer la Ministre de l'Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, voici les revendications que le syndicat étudiant va défendre :
Les étudiants se mobilisent depuis plusieurs semaines contre les conséquences de la loi LRU. Les dangers contenus dans la loi sont en outre amplifiés par le contexte budgétaire dégradé de cette rentrée 2007, et ce malgré les promesses du gouvernement. Les étudiants tiennent aussi à démontrer leur attachement à un service public d’enseignement supérieur permettant à l’ensemble des étudiants de réussir.
Les inquiétudes des étudiants se focalisent sur trois aspects :
1- La loi menace la démocratie universitaire et les personnels
Ce que refusent les étudiants
Les étudiants refusent que la loi remette en cause la démocratie universitaire : les pouvoirs des présidents d’universités sont accrus sans contre-pouvoir, et les étudiants sont exclus des instances universitaires, la loi faisant baisser à 10% à 20% le nombre d’étudiants dans les CA (contre 20 à 25% jusque là).
Les étudiants refusent que les personnels soient précarisés à travers le développement des emplois contractuels et la mise en concurrence des étudiants et des personnels, les étudiants pouvant être recrutés par les universités, sans aucun élément garantissant qu’ils ne remplaceront pas les personnels
Ce que demandent les étudiants :
Des modifications législatives de la loi LRU pour :
• Une composition démocratique des instances de l’université
• Un recrutement des enseignants chercheurs transparent
• Une limitation du recrutement contractuel des personnels
• L’encadrement de l’emploi étudiant à travers un statut protégé (de type MI-SE) qui garantisse un aménagement horaire pour poursuivre les études et une rémunération à 1,2 SMIC
2- La loi augure d’un désengagement financier et politique de l’Etat de l’enseignement supérieur
Ce que refusent les étudiants :
La loi facilite le recours au financement privé en développant les fondations universitaires. Adossée à un budget en pénurie, dans lequel seuls les crédits en direction de la recherche privée augmentent, cette loi constitue un cocktail explosif qui creusera les inégalités entre les universités attractives récoltant beaucoup de fonds privés, et les autres dont le financement s’assèchera.
Ce que demandent les étudiants :
• Une loi de programmation budgétaire pluriannuelle garantissant 1 milliard d’euros d’augmentation par an du budget des universités attribué par l’Etat
• Un cadrage national des diplômes garantissant des diplômes nationaux et l’égalité des étudiants sur le territoire à travers des intitulés de diplômes et des modalités de contrôle des connaissances nationaux
3 - La loi risque de remettre en cause la démocratisation de l’enseignement supérieur
Ce que refusent les étudiants :
L’UNEF a obtenu que la loi n’instaure ni sélection, ni augmentation des droits d’inscriptions. Cependant, à travers l’orientation active les étudiants craignent une procédure brutale de régulation des flux. Surtout, la loi n’apporte aucune réponse à l’échec massif des étudiants en 1ère année et à la précarité des étudiants, faisant de l’objectif de 50% d’une classe d’âge au bac un slogan plus qu’une réalité.
Ce que demandent les étudiants :
• La suppression de l’obligation de recours au dispositif d’orientation active
• La mise en place d’un plan pluriannuel pour la réussite en licence, permettant d’arriver à 50% d’une classe d’âge au niveau licence avec : un recrutement d’enseignants chercheurs massifs pour amener les 1ers cycles universitaires au taux d’encadrement des classes préparatoires aux grandes écoles, une refonte des cursus…
• L’adoption de mesures d’urgences permettant d’assurer le pouvoir d’achat étudiant pour 2008
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